De Saint-Leu à Saint-Philippe, la côte sudiste conserve les traces de son origine volcanique. Les roches escarpées sont sans cesse frappées par les vagues de l'océan qui façonnent leur relief. Cette lutte permanente entre la terre et la mer a généré d'étonnants paysages comme le "Souffleur" à Saint-Leu, d'où la mer jaillit tel un puissant geyser dès lors que la houle se lève, ou encore le gouffre de la "Roche aux Oiseaux" à l'Étang-Salé, qui présente un couloir de roches envahi d'un courant marin furieusement bouillonnant.
En descendant vers Petite-Ile, l'accès à la mer devient de plus en plus difficile et périlleux. La côte conserve son aspect sauvage, alternant entre les hautes falaises d'où certains petits pêcheurs à la "gaulette" (longue canne en bois souple) jettent leur ligne, et les langues de basalte avançant audacieusement dans l'océan.
Le village de Manapany-les-Bains, "petit coin tranquille", fait figure de dernier bastion avant la victoire de la mer. Sa baie en arc de cercle, tapissée de gros galets et dominée par d'impressionnants pans de montagne, produit une vague très prisée par les surfeurs et ses fonds sous-marins sont quotidiennement explorés par les plongeurs.
Jusqu'au "Cap Méchant" de Saint-Philippe, le littoral chaotique évoque les naufrages de galions pirates ou marchands qui, la nuit aidant, se rapprochaient par trop des roches acérées sur lesquelles ils déchiraient leurs flancs. Aujourd'hui, des "marines" ont été aménagées tout au long de la côte pour permettre la mise à l'eau des barques de pêcheurs. Ne manquez pas d'y faire une halte car le spectacle de la montée des barques, hissées avec peine contre les éléments, vaut largement le détour.